Dissidences trans/féministes : archives, circulations, créations

Ruby Faure

Le Think.Zone de cette année prolongera les explorations de l'an passé sur les dissidences trans*, en s'attachant à l'émergence des mouvements, pensées et créativités trans/féministes au cœur de l'empire, notamment depuis l'Europe dans les années 1990.

Dans un contexte d'attaques conservatrices globalisées contre les vies queer, trans et féministes, il apparaît essentiel d'articuler les résistrans contemporaines à leurs archives, histoires et généalogies. Les solidarités trans/féministes ne sont ni récentes ni exceptionnelles : la transmission des récits et des expériences de luttes des générations précédentes est un antidote efficace contre les logiques d'effacement systémique. Les géographies des existrans européennes sont également multiples, en France, en Angleterre, en Espagne, en Italie et en Suisse notamment ; à la circulation des idées, des pratiques et des imaginaires ; et aux intrications de la colonialité, du genre et de la sexualité depuis le Nord Global. Penser depuis les alliances et les contaminations permet alors de résister à l'isolement nationaliste, et de nourrir les solidarités actuelles. Les trans/féminismes constituent autant d'outils critiques pour défaire les normes raciales et capitalistes qui façonnent les corps dits déviants ; mais aussi de propositions créatives façonnant d'autres érotiques, relationnalités et esthétiques. Les pratiques artistiques façonnent les mouvements de dissidences de genre et de sexualité, et participent à la transformation des manières de vivre-penser-sentir.

Le Think.Zone de cette année s'appuiera sur trois pratiques pédagogiques distinctes : la lecture et l'appropriation de textes théoriques fondateurs des pensées trans/féministes et queer ; l'exploration collective de matériaux d'archives (vidéos, manifestes, fanzines, affiches, performances...) ; l'analyse de pratiques artistiques trans/féministes contemporaines. Certaines séances se dérouleront dans des centres de documentation et d'archives à Genève (Centre Maurice Chalumeau en Sciences des Sexualités, et le Centre Grisélidis Real). Le séminaire se déroulera en anglais et en français selon les besoins du groupe, et incorporera aussi de références hispanophones traduites dans l'une des deux langues précédentes.